"Les pieds dans l'eau"
de René FALLET
"Les pieds dans l'eau"
de René FALLET, illustrations de BLACHON
Date de parution : 1974
Numéro ISBN : 2207237060
Prix indicatif : 25 euros
Editeur du livre : Mercure de France puis, réédité en 1981 chez Denoël avec les dessins de Blachon.
A ma grande surprise voici un livre qui n'est pas très facile à trouver. Du coup, ceux qui le chercheront vont devoir surveiller de très près les vide-greniers et les librairies en ligne, sur internet.René Fallet, lui, se serait bien marré de nous voir ramer sur un écran d'ordinateur pour trouver son bouquin. Encore que.... Il y avait des tas d'aspects de la vie moderne qui l'exaspéraient.
Pour lui, vu l'état d'esprit du bonhomme, ordinateurs ou pas, un livre rare ça ne devait pouvoir se chercher que dans la bibliothèque d'un ami, chez son bouquiniste préféré ou sur la table de chevet de la frangine du moment - pas trop loin du lit - mais jamais, au grand jamais dans un super marché aussi internet soit-il.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas son nom, Fallet c'est le copain de Brassens, de Jean Carmet, de Michel Audiard et tant d'autres de cette époque. C'est celui qui a réussi à faire adapter nombre de ses romans au cinéma (avec plus ou moins de bonheur). Des beaux films comme "Porte des Lilas", "Paris au mois d'août". "Le Triporteur" aussi avec Darry Cowl ou dans le genre nanard absolu "La soupe aux choux".Avec la pêche et tout le "petit peuple des eaux et des roseaux" qu'il aimait tant il avait trouvé la bouée de sauvetage adaptée à sa nature. Et du coup dans ce livre, comme dans la plupart de ceux qu'il a écrit, ça navigue entre rires, rogne et poésie.
Fallet, de l'avis de tous ceux qui l'ont connus et que j'ai rencontrés (des pêcheurs, comme par hasard) c'était d'abord une énorme et turbulente tendresse largement coupée de gros rouge, de coups de cafard et d'une auto dérision à toute épreuve qui l'autorisait à torpiller avec humour les autres lorsqu'il les jugeait être "des fléaux, des nuisibles, des veaux pur porc".
A l'évidence, il y en avait déjà pas mal à son époque.
Fallait se les faire. Fallet y allaitPour la pêche comme pour le reste il ne se donnait aucune raison "notable" de retenir son écriture, ça donnait des déclarations pas piquées des vers comme celle-ci :
"N'oublions pas l'amour. En matière de pêche, l'amour est plus fort que l'amorce...
... Il est de faux pêcheurs qui ne sont là que pour tuer, que pour bouffer, qui ne voient dans le joli jeu que son aspect utilitaire. Ceux-là me font songer aux hommes de peu qui se satisfont de chevaucher les femmes sans aimer les femmes. Ils "baisent", "tirent leur coup", jouissent mais jamais au grand jamais, ne font l'amour. Ceux-là aussi "baisent pour la casserole", ces "bidochards" n'étreignent que de la viande et restent seuls, tas de mou sans frisson, imbéciles heureux, crétins surtout satisfaits de n'avoir entendu aucune musique dans les bosquets d'en face".Fallet l'écrire.
Simon Najard
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